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Textes

Vendredi 23 décembre 2005

Me voici face à la vaste scène où le silence se produit en concert.

Les lames de vent, incessantes, flagellent le reste de mes souvenirs égarés dans cet océan de nostalgie.

Qui es-tu pour apparaître sous toutes ces formes ? Aucun qualificatif ne peut être à la hauteur de ton âme, inoubliable.

Me voilà face à ton vide comme en prière, comme en méditation.

Ô solitudes promises de tes terres oubliées ! A moi revenez !

Dans tes profondeurs égarées je me noie tel un marin ivre de tempête se laisserait à jamais choir sur le récif. Je te bois aujourd’hui.

Ecrire. Toujours écrire. Pour que ton empreinte à jamais s’enfonce dans l’abîme de mes rêves. Ecrire pour oublier. Pour m’oublier, le temps d’une traversée, le temps d’une méharée...

Par Gaëtan Keustermans
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Vendredi 23 décembre 2005

La douce caresse de l’aurore glisse sur l’onde de la dune. La fraîcheur matinale éveille les sens. Déjà le parfum du thé arrive jusqu’à l’espace clos qui a abrité nos rêves agités par le balai incessant du vent qui se fracassait contre tout obstacle s’opposant à sa furieuse envie de destruction.

Vers l’Orient les cieux majestueux se parent de pourpres et de roses qui donnent aux choses un air d’ailleurs.

Ailleurs ! Voilà le mot. Depuis le départ il hantait l’esprit. Ailleurs. Chaque endroit est l’ailleurs d’un autre. Hier nous étions là ; nous voici, aujourd’hui, ailleurs. Le propre de notre esprit est de trouver l’ailleurs ailleurs que là où il se trouve réellement. Le temps d’écrire ces quatre lignes et voilà déjà l’instant privilégié de tous. L’unique fraction de seconde où l’astre parmi les astres franchit penaudement la ligne ténue qui sert de fil sur lequel les dieux pendent leur linge étincelant. Tellement étincelant que nous prenons ces éclats pour des étoiles, des planètes couvrant l’immensité de nos nuits et guidant nos caravanes vers la fin de leurs solitudes.

Par Gaëtan Keustermans
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Mardi 7 février 2006

Je suis une goutte qui tombe. Lachée par un nuage perdu au milieu de son ciel pur. Je suis une goutte et je m’enfonce dans l’oubli d’une nouvelle étendue empreinte de pureté. Qui viendra me boire ?

Boudenib-Merzouga Avril 2005

Par Gaëtan Keustermans
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Mardi 7 février 2006

A midi ou à minuit, aucun droit au repos du corps. Seule la source compte. Hématome de ma conscience, rien ne peut la transgresser.

Boudenib-Merzouga Avril 2005

Par Gaëtan Keustermans
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Mardi 7 février 2006

La perfection de l’instant demeure dans l’obsession de la solitude. Seule l’étendue de l’espace clos où se pose le regard devient à elle seule obstination.

Atteindre l’horizon avant qu’il ne nous atteigne est le seul but à poursuivre jusqu’au trépas.

Qui peut prétendre avoir atteint cette limite ? Infime ligne tendue entre deux matières : le vide matériel et l’absence.

La piste, à jamais, serpentera afin de nous permettre l’égarement de l’esprit.

Lascive décontenance d’un grain de sable au milieu de son univers minéral.

L’égarement de la mémoire est à son paroxysme lorsque la limite de l’avilissement dépasse le seuil de toute espérance.

La piste coule sous nos pas comme un fleuve de plaine. Elle nous mènera à la limite de l’horizon distendu entre un océan de lumière et une mer minérale.

L’âme meurtrie ne sera abreuvée qu’au puits de l’espérance immaculée. L’égocentrisme de l’eau nous rappelle à l’ordre et rien ne la retient.

Tout tient en un rien, et le rien devient un tout. Le puits devient l’eau, et l’eau, la vie. Le puits est alors espérance.

Perfides sont nos lamentations misérables. Voici la forme qui les occulte à jamais.

La douleur s’efface et le puits s’éloigne. Et l’horizon toujours recule.

Boudenib-Merzouga Avril 2005

Par Gaëtan Keustermans
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Mardi 7 février 2006

Quel est ce silence qui m’appelle ? Quelle vie coule au fond de ce vide étrange ? Qui m’avait prévenu de cela ? Pas même un souffle de raison n’aurait pu,à jamais,transfigurer cet éternité qui crie à travers les corridors de la lumière qui  transcende l’espace clos de ton oasis.

Boudenib-Merzouga Avril 2005

Par Gaëtan Keustermans
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Mardi 7 février 2006

De mon âme écorchée naissent ces lignes. De ces lignes naissent ces pages et tous les mots qui y courent. Toutes les lettres forment les traits entrelacés de l’écriture. Ces lignes, telles les innombrables pistes se rejoignant vers quelque oasis perdue, s’étendent sur la vaste étendue de la page. Comme le voyageur solitaire égaré sur ces pistes, je m’abreuve de l’eau de mon oasis.

Boudenib-Merzouga Avril 2005

Par Gaëtan Keustermans
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Mardi 7 février 2006

La douce aurore carressant la pureté de nos rêves distendus s'étiole en un drapé de couleurs étranges. Rien ne laisse supposer que la douleur du monde peut ici venir se poser.

Boudenib-Merzouga Avril 2005

Par Gaëtan Keustermans
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Jeudi 30 novembre 2006

Si Dieu nous a donné le désert comme refuge, des chamelles et des sandales , c’est pour marcher, et avoir la place de choix sans maison ni palais.
Les maisons, les temples c’est la tombe des vivants, le désert ne permet pas la construction des cités,
c’est toujours la poussière et le sable qui l’emportent, les ruines et les squelettes de nos chameaux
serviront d’ombre aux visiteurs qui cherchent à boire le néant.

EL Jilal

Par El Jilal
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INFOS

ô vous tous qui souffrez d' un mal
inconnu, qui êtes désemparés et dégréés, faites
comme Maxence, fuyez le mensonge des cités, allez
vers ces terres incultes qui semblent sortir à
peine, fumantes encore, des mains du créateur,
remontez à votre source, et, vous carrant
solidement au sein des éléments, tâchez d' y
retrouver les linéaments de l' immuable et très
tranquille vérité !

Ernest Psichari

 


Tout homme n'est pas appelé au désert et tout appelé n'y est pas élu

 

 

 

 

 

Ferny Besson


 

 

 

Dans le désert on vit au rythme du cosmos. On ne triche pas, on obéit. Le puits est ici et non pas là, et le suivant à 650km plus loin, pas un de moins. C’est à prendre ou à laisser, mon jeune ami. Si cela ne vous plait, n’y allez pas, restez chez vous à regarder la télé.

 

Mais si vous entrez au désert, jouez le jeu. C’est la patience, l’humilité, la soumission au réel. Bénéfiques exercices pour un orgueilleux primate trop tenté de se prendre pour le roi de la création.

Théodore Monod


 

 

 

Le silence est un des charmes les plus subtils de ce pays solitaire et vide. Il communique à l’âme un équilibre que tu ne connais pas, toi qui as toujours vécu dans le tumulte ; loin de l’accabler, il la dispose aux pensées légères. On croit qu’il représente l’absence de bruit, comme l’obscurité résulte des absences de la lumière : c’est une erreur. Si je puis comparer les sensations de l’oreille à celles de la vue, le silence répandu sur les grands espaces est plutôt une sorte de transparence aérienne, qui rend les perceptions plus claires, nous ouvre le monde ignoré des infiniment petits bruits, et nous révèle une étendue d’inexprimables jouissances. Je me pénètre ainsi par tous mes sens satisfaits du bonheur de vivre en nomade.

 

Eugène Fromentin

 

 

 

 

 

Philosophie

 

Tourisme et déserts - Un guide pratique pour gérer les impacts environnementaux et sociaux du tourisme dans les déserts. Edité par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement)

Ce guide est téléchargeable gratuitement ICI

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