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A la découverte des grands espaces
Bienvenue sur notre blog de voyage. Le but unique de ce blog est de vous faire partager nos sensations et nos émotions face aux pays visités et aux gens rencontrés. Il apporte aussi un regard personnel sur l'approche de l'homme face à la nature. Il ne s’agit pas d’un espace exclusivement réservé aux déserts, bien que ceux-ci y occupent une place privilégiée. L’accent est mis sur les photos, mais nous ne manquerons pas d'y mettre nos carnets de route lorsque nous en avons.
Dans la colonne de gauche vous trouverez le sommaire des différentes rubriques, les albums photos. Dans la colonne centrale se trouvent tous les différents articles. N’hésitez pas à vous balader dans les différentes rubriques !
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Notre blog grandit au fil des jours, et avec le temps il se remplira encore. C'est justement de celà que nous manquons pour tout compiler : du temps.
Comme le disent les africains : "vous avez les montres, et nous avons le temps"
En m’adressant au groupe, je lâche : « Bon les gars, j’ai essayé de vous décrocher et je n’ai pas réussi; je vous propose de la jouer cool jusqu’à Timia et d’arriver tous ensemble main dans la main ». La proposition est instantanément acceptée avec soulagement par tous, peut être avec un petit regret par Martial ! Je me porte maintenant en queue du petit peloton qui trottine gentiment, sans plus. Les commentaires vont bon train « Te connaissant, on pensait bien que tu allais tenter quelque chose (Olivier) », « Si on avait été à ta place, on aurait fait exactement de même (Stéphane) » « Tu es un fin renard, je voyais bien que tu commençais à faiblir ! (Martial) », « Mais tu ne prends donc jamais rien au ravitaillement ? (Olivier) », « J’avoue que j’ai bien failli décrocher ! (Martial) » …etc… Un 4x4 de l’organisation nous dépasse et nous laisse une bouteille d’eau que nous nous passons de main en main pour copieusement nous rafraîchir car la température grimpe rapidement. Et voilà l’entrée de la palmeraie de Timia avec ses merveilleux jardins où les grenadiers, orangers et pamplemoussiers regorgent de fruits bien mûrs.

Nous passons un peu de temps à nous prendre mutuellement en photo. Plus que 4 Km nous lance Martial qui connaît bien les lieux puisqu’il a déjà participé l’année dernière. Nous courons maintenant dans un large oued ensablé qui traverse les jardins ; le sable y est très mou, aussi essayons nous de poser nos pieds dans une trace 4x4 pour bénéficier de meilleurs appuis. Des groupes de femmes en présence d’une nuée d’enfants nous encouragent et nous donnent des fruits. Quelle ambiance ! Soudain, au détour d’un virage, nous apercevons des touaregs en habit d’apparat, juchés fièrement sur leur dromadaire avec leurs armes ancestrales; ils nous attendent pour nous accompagner jusqu’à l’arrivée distante de 800 mètres où la plus grande partie de la population s’est massée. C’est le moment que nous choisissons pour commencer à courir côte à côte, les dromadaires au nombre de dix nous suivent de près. Je me retourne un instant pour admirer; « C’est magnifique, regardez un peu derrière ! » criai-je à mes compagnons. Comme prévu, nous franchissons la ligne d’arrivée main dans la main dans la joie générale, l’émotion est à son comble.

Tous les quatre, nous terminons donc 8ème ex aequo de cette dernière étape et gardons nos positions au classement général. En tant que plus ancien des coureurs, la radio locale me demande une interview. La fête continue jusqu’à la fin du jour par des cavalcades de dromadaire, par des chants de femmes accompagnées par un petit orchestre utilisant des instruments de musique rudimentaires, par des danses folkloriques variées pratiquées seulement par les hommes qui adorent se déchaîner et se faire voir dans la pratique de cet exercice.
Aha Isouffa, le grand patron de la logistique assurée par les nigériens, possède une magnifique auberge en pisé dans laquelle nous logeons confortablement. Autour de l’auberge, des jardins soigneusement entretenus où les bougainvilliers fleuris émergent de toute de part. Un peu plus loin, quelques gazelles, mouflons et autruches s’ébattent dans des enclos spacieux. La soirée est consacrée à la proclamation du palmarès et à la remise des prix en présence de toutes les autorités locales et de beaucoup de dignitaires. A cette occasion, nous remettons quelques caisses de matériel médical et de fournitures scolaires aux responsables des associations. Cette mémorable journée se termine autour d’un traditionnel méchoui.
Dimanche 26 novembre
La visite de Timia et le retour sur Agadez
Rien ne nous y oblige, mais la plupart d’entre nous se lève tôt, l’habitude prise cette semaine peut être ! Nous voyons le soleil se lever dans les montagnes environnantes et assistons à la reprise progressive de la vie dans l’oasis. Abdelkader se propose de nous guider ce matin dans la visite de l’oasis et du village. Tous ensemble, nous faisons avec lui un large tour dans les jardins où autour des puits se concentre l’activité, nous montons au Fort Massu qui surplombe la cité au sommet d’une colline, nous passons par l’école et le dispensaire et empruntons les ruelles du village pour effectuer les dernières emplettes.
En début d’après midi, départ en 4x4 pour Agadez ; six heures de pistes, pas compliquées mais « secouantes » pendant lesquelles nous découvrons d’autres reliefs étranges de l’Aïr, seront nécessaires pour terminer notre boucle au Niger. Quelques arrêts intéressants ponctuent ce retour, notamment celui près d’une grandiose guelta dans les environs de Timia où les plus téméraires d’entre nous plongent dans une eau à 14°, enfin parait il ! A Agadez, nous sommes accueillis dans une toute nouvelle auberge en pisé ocre que vient de faire construire Aha, décidément un entrepreneur hors pair. Nous passerons là tranquillement nos dernières heures au Niger sans toutefois manquer d’aller prendre le pouls de la ville et de faire le tour de la plus prestigieuse des mosquées sahariennes.
L’aventure se termine, une aventure sportivement et humainement riche et dense qui selon toutes les probabilités nous marquera à jamais. Il nous faudra sans doute un peu de temps pour structurer les innombrables souvenirs qui se bousculent dans nos têtes. En tout cas, les amoureux du Sahara que nous sommes, Nicole et moi, rentrent enchantés et éblouis.

ô vous tous qui souffrez d' un mal
inconnu, qui êtes désemparés et dégréés, faites
comme Maxence, fuyez le mensonge des cités, allez
vers ces terres incultes qui semblent sortir à
peine, fumantes encore, des mains du créateur,
remontez à votre source, et, vous carrant
solidement au sein des éléments, tâchez d' y
retrouver les linéaments de l' immuable et très
tranquille vérité !
Ernest Psichari
Tout homme n'est pas appelé au désert et tout appelé n'y est pas élu
Ferny Besson
Dans le désert on vit au rythme du cosmos. On ne triche pas, on obéit. Le puits est ici et non pas là, et le suivant à 650km plus loin, pas un de moins. C’est à prendre ou à laisser, mon jeune ami. Si cela ne vous plait, n’y allez pas, restez chez vous à regarder la télé.
Mais si vous entrez au désert, jouez le jeu. C’est la patience, l’humilité, la soumission au réel. Bénéfiques exercices pour un orgueilleux primate trop tenté de se prendre pour le roi de la création.
Théodore Monod
Le silence est un des charmes les plus subtils de ce pays solitaire et vide. Il communique à l’âme un équilibre que tu ne connais pas, toi qui as toujours vécu dans le tumulte ; loin de l’accabler, il la dispose aux pensées légères. On croit qu’il représente l’absence de bruit, comme l’obscurité résulte des absences de la lumière : c’est une erreur. Si je puis comparer les sensations de l’oreille à celles de la vue, le silence répandu sur les grands espaces est plutôt une sorte de transparence aérienne, qui rend les perceptions plus claires, nous ouvre le monde ignoré des infiniment petits bruits, et nous révèle une étendue d’inexprimables jouissances. Je me pénètre ainsi par tous mes sens satisfaits du bonheur de vivre en nomade.
Eugène Fromentin









Tourisme et déserts - Un guide pratique pour gérer les impacts environnementaux et sociaux du tourisme dans les déserts. Edité par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement)
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