Rubriques

Jeudi 25 mai 2006

Si marcher de longues heures sans voir la fin de l’horizon vous fatigue ;

Si les mouches vous font horreur ;

Si au moins une douche par jour vous manque ;

Si dormir à même le sable vous est inconfortable ;

Si manger par terre au milieu des crottes de dromadaire vous rebute ;

Si le lait vous est préférable au thé trop amer et trop sucré ;

Si attendre de longues heures sous un abri de fortune que le vent cesse de soulever le sable vous ennuie ;

Si tous les soirs vos yeux sont trop irrités par la fumée du feu ;

Si le vent vous fait perdre la raison ;

Si la vue des petites bestioles vous affole ;

Si la chaleur du vent du Sud vous étouffe ;

Si la salade est trop sablée à votre goût ;

Si votre ulcère est titillé par la harissa ;

Si les étapes sont trop longues ;

Si les rencontres étranges vous font peur ;

Si votre téléphone portable vous manque ;

Si vous devez boire votre pinard tous les soirs ;

Si l’eau a un goût désagréable ;

Si manger dans la même assiette que vos chameliers est impensable ;

Si le sable agglutiné dans vos cheveux vous démange trop ;

Si le cri du chacal la nuit vous effraie ;

Si les poils d’animaux et autre particule flottant dans l’eau vous rebutent ;

Si l’odeur des dromadaires vous ragoûte ;

Si le sable dans vos chaussures vous fait mal ;

Si vous lever aux aurores est difficile ;

Si marcher pieds nus dans le sable vous brûle trop ;

Si le lent et doux lever du soleil sur la dune n’a rien d’exceptionnel à vos yeux ;

Si vous avez peur de manger la nourriture que vous tend chaleureusement un nomade ;

Si Drucker ou PPDA vous manquent ;

Si le vent du Sud vous dessèche trop les lèvres ;

Si vous avez besoin d’une table pour manger ;

Si le silence fait trop de bruit à vos oreilles ;

Si dormir tout habillé est inconfortable ;

Si ne pas changer de vêtement chaque jour est sale ;

Si le soleil vous brûle trop ;

Si l’eau que vous buvez est trop chaude ;

Si la viande a un goût particulier après deux jours ;

Si seuls les dîners de grands chefs vous font saliver ;

S’il vous faut une cuvette rehaussée d’une lunette confortable pour vous soulager ;

Si vous avez froid la nuit ; 

 

Alors le désert n'est pas fait pour vous. Il ne se donne pas, ne se prend pas. Il se mérite, il se gagne.

Douz-Bir Aouine, mars 2006

 

par Gaëtan Keustermans publié dans : Carnets de voyage
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

INFOS

ô vous tous qui souffrez d' un mal
inconnu, qui êtes désemparés et dégréés, faites
comme Maxence, fuyez le mensonge des cités, allez
vers ces terres incultes qui semblent sortir à
peine, fumantes encore, des mains du créateur,
remontez à votre source, et, vous carrant
solidement au sein des éléments, tâchez d' y
retrouver les linéaments de l' immuable et très
tranquille vérité !

Ernest Psichari

 


Tout homme n'est pas appelé au désert et tout appelé n'y est pas élu

 

 

 

 

 

Ferny Besson


 

 

 

Dans le désert on vit au rythme du cosmos. On ne triche pas, on obéit. Le puits est ici et non pas là, et le suivant à 650km plus loin, pas un de moins. C’est à prendre ou à laisser, mon jeune ami. Si cela ne vous plait, n’y allez pas, restez chez vous à regarder la télé.

 

Mais si vous entrez au désert, jouez le jeu. C’est la patience, l’humilité, la soumission au réel. Bénéfiques exercices pour un orgueilleux primate trop tenté de se prendre pour le roi de la création.

Théodore Monod


 

 

 

Le silence est un des charmes les plus subtils de ce pays solitaire et vide. Il communique à l’âme un équilibre que tu ne connais pas, toi qui as toujours vécu dans le tumulte ; loin de l’accabler, il la dispose aux pensées légères. On croit qu’il représente l’absence de bruit, comme l’obscurité résulte des absences de la lumière : c’est une erreur. Si je puis comparer les sensations de l’oreille à celles de la vue, le silence répandu sur les grands espaces est plutôt une sorte de transparence aérienne, qui rend les perceptions plus claires, nous ouvre le monde ignoré des infiniment petits bruits, et nous révèle une étendue d’inexprimables jouissances. Je me pénètre ainsi par tous mes sens satisfaits du bonheur de vivre en nomade.

 

Eugène Fromentin

 

 

 

 

 

Philosophie

 

Tourisme et déserts - Un guide pratique pour gérer les impacts environnementaux et sociaux du tourisme dans les déserts. Edité par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement)

Ce guide est téléchargeable gratuitement ICI

blog occulte sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus