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Vendredi 23 décembre 2005

La douce caresse de l’aurore glisse sur l’onde de la dune. La fraîcheur matinale éveille les sens. Déjà le parfum du thé arrive jusqu’à l’espace clos qui a abrité nos rêves agités par le balai incessant du vent qui se fracassait contre tout obstacle s’opposant à sa furieuse envie de destruction.

Vers l’Orient les cieux majestueux se parent de pourpres et de roses qui donnent aux choses un air d’ailleurs.

Ailleurs ! Voilà le mot. Depuis le départ il hantait l’esprit. Ailleurs. Chaque endroit est l’ailleurs d’un autre. Hier nous étions là ; nous voici, aujourd’hui, ailleurs. Le propre de notre esprit est de trouver l’ailleurs ailleurs que là où il se trouve réellement. Le temps d’écrire ces quatre lignes et voilà déjà l’instant privilégié de tous. L’unique fraction de seconde où l’astre parmi les astres franchit penaudement la ligne ténue qui sert de fil sur lequel les dieux pendent leur linge étincelant. Tellement étincelant que nous prenons ces éclats pour des étoiles, des planètes couvrant l’immensité de nos nuits et guidant nos caravanes vers la fin de leurs solitudes.

par Gaëtan Keustermans publié dans : Textes
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INFOS

ô vous tous qui souffrez d' un mal
inconnu, qui êtes désemparés et dégréés, faites
comme Maxence, fuyez le mensonge des cités, allez
vers ces terres incultes qui semblent sortir à
peine, fumantes encore, des mains du créateur,
remontez à votre source, et, vous carrant
solidement au sein des éléments, tâchez d' y
retrouver les linéaments de l' immuable et très
tranquille vérité !

Ernest Psichari

 


Tout homme n'est pas appelé au désert et tout appelé n'y est pas élu

 

 

 

 

 

Ferny Besson


 

 

 

Dans le désert on vit au rythme du cosmos. On ne triche pas, on obéit. Le puits est ici et non pas là, et le suivant à 650km plus loin, pas un de moins. C’est à prendre ou à laisser, mon jeune ami. Si cela ne vous plait, n’y allez pas, restez chez vous à regarder la télé.

 

Mais si vous entrez au désert, jouez le jeu. C’est la patience, l’humilité, la soumission au réel. Bénéfiques exercices pour un orgueilleux primate trop tenté de se prendre pour le roi de la création.

Théodore Monod


 

 

 

Le silence est un des charmes les plus subtils de ce pays solitaire et vide. Il communique à l’âme un équilibre que tu ne connais pas, toi qui as toujours vécu dans le tumulte ; loin de l’accabler, il la dispose aux pensées légères. On croit qu’il représente l’absence de bruit, comme l’obscurité résulte des absences de la lumière : c’est une erreur. Si je puis comparer les sensations de l’oreille à celles de la vue, le silence répandu sur les grands espaces est plutôt une sorte de transparence aérienne, qui rend les perceptions plus claires, nous ouvre le monde ignoré des infiniment petits bruits, et nous révèle une étendue d’inexprimables jouissances. Je me pénètre ainsi par tous mes sens satisfaits du bonheur de vivre en nomade.

 

Eugène Fromentin

 

 

 

 

 

Philosophie

 

Tourisme et déserts - Un guide pratique pour gérer les impacts environnementaux et sociaux du tourisme dans les déserts. Edité par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement)

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